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LE 25/10/01

 

UNE PROFESSION MAL RECONNUE

 

 

Sapeurs-pompiers, toujours le feu sacré

 

 

 

 

 

 

Tony Gillet, 25 ans, caporal et Claude Bornet, 40 ans, caporal chef, font partie de la soixantaine de sapeurs-pompiers professionnels basés au centre de secours de Nevers. Un métier très prenant qu’ils exercent par vocation avant tout. Le premier a toujours été bercé par cet univers : « j’ai quasiment été élevé à la caserne d’auxerre. Mon père et mon oncle sont sapeurs-pompiers, mon grand-père l’était aussi »

Titulaire d’un bac, Tony Gillet a suivi les cours de l’école de formation des SPP d’Auxerre, entre 14 et 18 ans. C’était avant d’effectuer son service militaire chez les pompiers de Paris, puis d’être admis chez les pompiers volontaires. Une véritable formation de terrain couronnée de sa réussite au concours d’admission des professionnels.

Claude Bornet, marié et père de 3 enfants, a lui, d’abord, cumulé les fonctions de mécanicien auto et de sapeur pompier volontaire pendant 3 ans avant de se décider à passer le concours

Pour 60 % des cas, ces sorties concernent tout ce qui est secours aux personnes ; de plus en plus, les pompiers travaillent aussi dans le domaine social comme le souligne Claude Bornet. Nous sommes confrontés tous les jours à des cas dramatiques, à des personnes qui ont  besoin de toujours plus d’assistance. Cela va de la mère de famille qui se trouve seule et fait une dépression, à l’enfant de 12 ans que l’on retrouve au bout d’une corde. C’est terrible… il y a les divorces, les gens qui baissent les bras devant leurs enfants devenus ados.

pour devenir professionnel. C’était il y a déjà 16 ans : je voulais me rendre utile. Dans ce métier, il n’y a pas de barrières, d’étiquettes, de catégories sociales qui tiennent. Quand une victime crie au secours, c’est un être humain qui parle.

 

Donner le meilleur

Pour l’un comme l’autre, malgré les aléas d’une profession « mal reconnue », les difficultés liées à l’application de la loi sur les 35 h, ou les nombreuses tracasseries administratives, la motivation reste intacte : « on ne  se lève pas un beau matin en se disant je veux devenir pompier ». Et comme le salaire n’est pas particulièrement motivant, il faut avoir ça dans les tripes. Le plus important pour nous, c’est la conscience professionnelle. Nous essayons toujours de donner le meilleur de nous-mêmes.

L’an passé, nous sommes intervenus 4800 fois sur 27 communes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Il y a une grosse carence de nombreux adultes. Certains bagarrent pour l’éducation

de leurs mômes, d’autres laissent carrément tomber, laisse faire, et ça fini mal.

beaucoup de jeunes ne se sentent pas écoutés ou mal compris. On voit beaucoup

de tentatives de suicide. Chez les 30 40 ans aussi à l’approche de l’hivers ça devient

toujours très préoccupant

 

Toujours des choses qui reviennent

On pourrait croire les sapeurs-pompiers « blindé » face à tant de détresse, après tant

de victimes ramassées sur les routes. Ce n’est pas le cas « on ne peut pas être blindés »

même avec les années. Il y a toujours des choses qui reviennent. Comme cet enfant de

11 mois tombé du 13ème étage après avoir escaladé la table. Quand nous sommes

arrivés sur les lieux, sa mère arrivait avec les autres enfants.

 

Quand elle s ‘est approchée pour savoir se qui se passait, et qu’elle a découvert que

son propre enfant été décédé, on n’a pas pu trouver les mots pour la réconforter.

Et puis, il y a la suite, quand on emmène un petit corps à la morgue, dans un endroit

froid… ce sont des moments qu’on ne peut jamais effacer confesse Claude Bornet.

 

Mais il y a aussi de grands moments de joie, conclut Tony Gillet. Moi par exemple,

Il m’est arrivé d’assister en urgence des femmes enceintes . des naissances, ce sont

aussi des moments inoubliables.

 

 

 

 

 

 

        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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